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Coupe du Monde de football 1986

ANGLETERRE, UN DESTIN BRISE PAR L’ARGENTINE DE MARADONA

Par Me Michel Pautot, avocat, docteur en droit, rédacteur en chef de LEGISPORT

Oui, l’équipe nationale d’Angleterre de 1986 avait le talent et la dynamique nécessaires pour remporter le Mondial au Mexique, mais le prodige argentin Diego Maradona en a décidé autrement…

Après un début de tournoi médiocre (défaite contre le Portugal 1-0, puis match nul contre le Maroc 0-0, le sélectionneur Bobby Robson, ancien coach d’Ipswich, a ensuite trouvé la formule magique en intégrant Peter Beardsley pour épauler Gary Lineker en attaque. Cela a fait tilt ! Une victoire nette contre la Pologne (3-0), puis un deuxième 3-0 en huitième de finale contre le Paraguay : l’équipe arrive ainsi en quart de de finale avec le plein de confiance. L’Argentine est aussi en confiance avec son numéro 10 qui à l’époque, joue à Naples où il s’affirme comme un second Vésuve toujours en éruption…

L’irrationnel se manifeste à la 61ème minute. Maradona accélère, les Anglais sont un peu passifs, et du bras, il rabat de la main le ballon dans le but ! Malgré des protestations anglaises, l’arbitre valide le but qui entre dans la légende ! C’est la « main de Dieu » qui a marqué, dira Maradona. L’arbitrage video n’existe pas, le débat sur sa nécessité va s’ouvrir.  Quatre minutes plus tard, le match entre alors encore plus dans l’irrationnel. Maradona s’empare du ballon et s’envole, il élimine plusieurs joueurs anglais et marque…. Aucun Anglais ne fait faute – d’autres équipes n’auraient pas hésité -, on a même l’impression qu’ils le regardent jouer ! Il y avait eu la Main de Dieu. Cette fois, c’est Dieu lui-même qui est descendu sur la pelouse.

John Barnes entré en jeu trop tard !

Les Anglais ne désarment pas. L’ailier John Barnes aurait dû entrer en cours de jeu bien avant la 75ème minute ! En seulement 15 minutes, Barnes a « démoli » la défense argentine, d’abord en offrant un but à Gary Lineker, puis il est à deux doigts de forcer l’égalisation ! Les Anglais restent comme maudits !

A nos yeux, l’équipe d’Angleterre s’appuyait sur une génération exceptionnelle de joueurs, comme le buteur Gary Lineker, futur meilleur scoreur de la compétition (six buts), le milieu de terrain créatif Glenn Hoddle, ou encore le défenseur Terry Butcher, sans oublier le célèbre gardien de but Peter Shilton !  Si l’Angleterre avait battu l’Argentine, son parcours pour soulever le trophée aurait été tout sauf impossible avec en demi-finale la Belgique et en finale la RFA. Avec un Gary Lineker en forme, l’équipe des Trois Lions pouvait très largement terrasser ces deux équipes. Il manquait tout de même Bryan Robson, le capitaine et patron, blessé au début de l’épreuve. Fallait-il encore passer l’obstacle argentin… 

Depuis son titre mondial de 1966, l’équipe d’Angleterre semble frappée de malédiction. Peut-être est-elle liée au fameux troisième but de 1966 ? Le ballon était-il rentré ou pas ? Au Mexique, en 1970, en quart de finale, la sélection de Alf  Rumsay  mène 2-0 contre l’Allemagne puis s’incline 3-2 après prolongation. On discute encore de la sortie prématurée de Bobby Charlton et de l’absence du gardien Gordon Banks. Après cette élimination, c’est le trou noir. Les Anglais ne se qualifient pas pour les éditions de 1974 et 1978. On peine à le croire. Le come-back se produit en 1982 lors du Mondial en Espagne. L’équipe d’Angleterre y démarre fort avec un excellent 1er tour (victoires contre la France 3-1, la Tchécoslovaquie 2-0, le Koweït 1-0) mais est éliminée au 2ème tour sans avoir perdu (deux 0-0, le premier contre la RFA puis contre l’Espagne).