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Quand l’Europe se mêle de sport au Lycée Marseilleveyre !

A l’occasion de la fête de l’Europe le mardi 19 mai 2015 devant un public d’une centaine de jeunes sportifs, le lycée Marseilleveyre avait invité Maître Michel Pautot avocat à Marseille pour nous parler du sport en Europe autour de ses deux ouvrages : « Le Sport et l’Europe », « Sport et Nationalités-quelle place pour les joueurs étrangers ? ». Le défi avait été lancé par Daniel Micolon professeur d’histoire et géographie avec la participation de Madame Monique Beltrame présidente du Comité européen de Marseille et initiatrice de la fête de l’Europe dans la cité phocéenne.

L’influence de la construction européenne et de la liberté de circulation dans les équipes européennes a été au centre de la soirée, avec la transformation dans la composition des clubs. Aujourd’hui, certains clubs de football n’hésitent plus à commencer un match avec exclusivement des joueurs étrangers, comme Chelsea, Arsenal, l’Inter de Milan ou le PSG.
Le rugby n’est pas en reste dans la mondialisation. Si trois entraîneurs néo-zélandais étaient aux commandes à l’occasion du Tournoi des VI Nations il y a quelques mois, le RC Toulon est un modèle de mondialisation. Pour son troisième succès consécutif en finale de Coupe d’Europe il y à quelques jours, face à Clermont, le club entraîné par Bernard Laporte a gagné avec des joueurs issus de l’Europe (France, Angleterre, Galles, Géorgie) et aussi de l’Hémisphère Sud (Australie, Afrique du Sud, Argentine, Nouvelle Zélande).
Il n’en a pas toujours été ainsi. Pendant longtemps, les clubs ne comportaient qu’un nombre limité de joueurs étrangers en raison de la politique des quotas imposés par les fédérations sportives. C’est ainsi que de 1991 à 1995, les vainqueurs de la Champions League n’ont aligné au maximum que trois joueurs étrangers en finale : l’Etoile Rouge de Belgrade en 1991, le FC Barcelone en 1992, l’Olympique de Marseille en 1993, le Milan AC en 1994 ou encore l’Ajax Amsterdam en 1995. Dans le Calcio, après la Coupe du Monde 1966, les joueurs étrangers ont même été exclus jusqu’à la fin des années 1970…. La donne va changer avec la construction européenne qui a fait voler en éclats les limitations des joueurs étrangers. Notamment avec l’arrêt Bosman (1995) pour les joueurs communautaires puis avec l’arrêt Malaja (2002) pour les joueurs non-communautaires, pour aboutir aujourd’hui à une mondialisation des clubs avec les joueurs européens, africains et sud-américains.
Dans son exposé introductif, le Professeur Micolon soulignait que le sport a fait l’Europe avant la création de l’euro, faisant partie intégrante du « mode de vie » des Européens notamment le football comme le montre l’historien Tony Judt et que l’histoire des relations entre le monde du sport et les institutions communautaires avait commencé bien avant le Traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1 er Décembre 2009 dans lequel le sport a fait son apparition dans les compétences de l’Union européenne.
Me Michel Pautot soulignait l’importance arrêt Bosman de Décembre 1995 du nom du footballeur belge qui a été une des décisions les plus médiatisées de la justice européenne. Mais s’il a fait comprendre aux élèves que cet arrêt ne s’appliquait qu’aux joueurs ressortissants de l’Union européenne, il devait expliquer qu’il était à l’origine de l’arrêt Malaja (Décembre 2002) du nom d’une basketteuse polonaise, interdite de jeu en France, en soulignant l’application des accords européens avec des Etats tiers qui interdisent la discrimination (une centaine d’Etats au total). Cet arrêt a été considéré par le Président de la FIFA comme « un arrêt Bosman à la puissance dix » et les réactions protectionnistes sont encore nombreuses.
Les demi-finales de la Champions League Bayern de Munich – FC Barcelone et Juventus de Turin – Réal Madrid ont été passées au crible (Sur les treize buts, douze ont été inscrits par les étrangers) et si pour le FC Barcelone, le trio offensif sud-américain Lionel Messi (Argentine) – Luis Suarez (Uruguay) – Neymar (Brésil) a été éblouissant, la Juventus de Turin doit une très grande partie de sa qualification au joueur espagnol Alvaro Morata…acheté au Réal Madrid….
L’avocat marseillais a évoqué la Coupe du Monde au Brésil où la polémique a été grande avec Dilma Roussef, la Présidente brésilienne qui a déclaré lors de la Coupe du Monde organisé par son pays : « le Brésil ne peut pas continuer à exporter ses joueurs ».
Madame Monique Beltrame, Présidente du Comité Européen à qui il appartenait de clôturer cette soirée, a émis le souhait qu’une équipe européenne voit le jour, notamment en football, et qu’elle affronte une sélection sud-américaine ou africaine. « Créer une équipe pour une compétition annuelle face à un autre continent serait intéressant, cela existe en golf avec la Ryder Cup qui oppose l’Europe à l’Amérique », a précisé la Présidente du Comité Européen. Un plus pour l’Europe et pour l’Europe du sport.