legisport

Tout sur le droit du sport. 1991 : fondation de LEGISPORT. 1996 : lancement du bulletin d'informations juridiques sportives LEGISPORT.

Débats sur l’arbitrage entre Michel Pautot et Michel Vautrot

Du 1er au 4 Mars 2016, l’International Society of Sport Science in the Arab World a organisé, en partenariat avec le laboratoire Design Visuel et Urbain (DeVisu) de l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis (UVHC), le Congrès International des Sciences du Football.

L’objectif du Congrès était de construire un projet ambitieux autour du thème « Football, Images, Multimédia et Nouvelles Technologies ».

Diverses thématiques ont été abordées sous forme de conférences-débats, symposiums, ateliers, communications orales et les animations ont été assurées par des conférenciers représentant des grandes institutions et des scientifiques de renommée internationale.

Parmi les invités de renom pour ce congrès : l’économiste Pr. Wladimir ANDREFF (France), ancien Président de l’Association Internationale des Economistes du sport, le Sociologue Prof. Richard GIULIANOTTI (United Kingdom), le Psychologue Pr. Hubert RIPOLL (France), l’Historien Pr. Paul DIETSCHY, le Pr. Didier REY (France), l’Architecte des stades Pr. Miranda KIURI (Espagne), sans oublier le Dr. Nicolas SCELLES (Université de Stirling, Ecosse) et Mme. Lidija T. PETROVIC (Université de Belgrade, Serbie).

« Environ 200 personnes ont participé à ce congrès, représentant plus de 30 pays », a indiqué l’organisateur, le Pr. Bachir ZOUDJI.

 

Michel VAUTROT : Les pièges de la vidéo

 

La vidéo dans le football a été au centre des débats avec Michel VAUTROT, considéré comme un des meilleurs arbitres de l’histoire (ayant officié lors de la finale de l’Euro 1988, match d’ouverture et demi – finale de la Coupe du Monde 1990,…).

Il a fait part de ses réserves, argumentées par rapport à la vidéo, où il y a plus de points négatifs que positifs. Il a expliqué, exemples ….vidéos à l’appui que les erreurs humaines (arbitres et joueurs) nourrissaient la légende du football tout en rappelant « les pièges de la vidéo qui, dans certains cas, ne peuvent qu’ajouter à la confusion ».

Il a profité de cette tribune devant des chercheurs et scientifiques pour dire son étonnement de ne jamais voir pris en compte dans le débat les mœurs contestataires des joueurs de football sur un terrain quand on compare avec d’autres sports comme le rugby par exemple  où l’arbitre est sacralisé : « ne va-t-on pas plutôt déplacer le lieu de la contestation ? Et il y a déjà  des solutions qui ne coûtent rien pour utiliser la vidéo : il suffit de mettre dans le règlement disciplinaire qu’un joueur qui ne se dénonce pas après avoir marqué de la main sera suspendu 6 mois ou un an !!!! ».

 

LEGISPORT en faveur de la généralisation de la vidéo

 

De l’autre côté, un farouche partisan de la vidéo, Maître Michel PAUTOT, avocat au barreau de Marseille, spécialiste du droit du sport et à l’origine de l’arrêt MALAJA qui a bouleversé le sport professionnel européen, a justifié une généralisation de la vidéo et expliqué l’initiative de LEGISPORT, demandant il y a quelques mois à l’International Board la généralisation de la vidéo dans tous les pays pour le franchissement de la ligne de but, l’expulsion, la faute de la main, le pénalty, la brutalité, le hors-jeu. En brandissant la « une » de « l’Equipe » du lendemain de la finale de la Coupe du Monde 1966 Angleterre – Allemagne, Me PAUTOT n’a pas hésité à déclarer : « depuis ce match de Wembley d’il y a cinquante ans, la question de la vidéo n’est pas réglée ! ». Et Michel VAUTROT de rétorquer : «  la technologie est-elle fiable suivant les angles de vue ? » ou encore : « même avec les images, il restera toujours l’appréciation et l’analyse de ces dernières par un être humain ». D’autres personnalités sont intervenues sur l’arbitrage, comme le Pr. Markus RAAB, Professeur de Psychologie du Sport à l’Université de Cologne (Allemagne), et le réalisateur Pascal BOUCHEZ.

 

Un débat passionnant qui s’est prolongé quelques heures plus tard à ….. Cardiff (pays de Galles) où le Board  a acté l’aide de la vidéo pour l’arbitrage en match à titre expérimental sous certaines conditions à compter de la saison 2016-2017 et pour au moins deux ans, pour déterminer si le ballon a franchi la ligne de but, les expulsions,  les penalties et l’identité des joueurs qui ont commis les fautes.

 

Un congrès qui fera date.